Nzimbu est le nom de l’album déjà dans les bacs qui a réuni quatre grandes signatures de la musique moderne, notamment Ray Lema, pianiste auteur
compositeur, Balou Canta, la voix d’or de la rumba, Fredy massamba, figure montante de la soul congolaise et Viana, jeune guitariste venu tout droit du Brésil.

« je pense que ce projet est né du désir de jouer avec deux grands chanteurs que j’aime beaucoup et j’avais envie de faire un album de voix et je suis tombé sur ces deux. Je suis le mentor de Balou Canta. Et avec Fredy, nous l’avons rencontré à Kinshasa. Et des années plus tard, nous avons monté ce projet », explique Ray Lema. L’album s’ouvre sur un chant traditionnel kongo exécuté a capella, ce qui donne le ton de l’album car la voix
est l’instrument principal. La guitare de Rodrigo Viana et parfois celle de Ray Lema, quand il n’est pas au piano, accompagnent sans jamais dominer.
Une diversité de rythmes et de mélodies, on passe du traditionnel accompagné de la flûte pygmée à la rumba en passant par la balade qui vous arrache
une larme…

Bekele, Lobelanga, Losambo, Leila, Ntoto, Lusala, les oubliés du Kivu, Nsongela, Bwetamane, Aigre doux, Nkento, Nkembo. Sont là les titres de cet album quasiment chanté en kikongo. « Nous avons voulu présenter le kikongo dans cet album, une langue que nous avons découverte avec Fredy qui était le premier à l’utiliser dans le hip-hop. Et le kikongo swingue beaucoup, on peut chanter doux et violent la voix devient instrument. Faire swinguer
les mots en les rythmant et cette langue s’y prête, une manière de mettre en avant toute culture commune », a-t-il poursuivi. L’album est dépouillé instrumentalement, une guitare, un piano, une flûte pygmée de temps en temps joué par Fredy Massamba, ils ont laissé exprimer les voix. Un vrai retour aux sources Kongo des trois chanteurs. Ray Lema qui signe les arrangements prend le pari d’une esthétique musicale dépouillée, axée sur les voix accompagnées sobrement par son piano et les guitares qu’il partage avec Rodrigo Viana jeune, guitariste venu tout droit du brésil aux influences rock, jazz et bossa. Nzimbu en langue kikongo signifie le chant et la fortune quand les petits coquillages et les cauris servaient encore de monnaie d’échange.

C’est trois générations de voix réunissent les deux Congo quand la forêt des pygmées rencontre la rumba de Kinshasa, le rap et le hip-hop de Brazzaville.

Hermione Désirée Ngoma

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